Ramana Maharshi est un des maîtres de l'Advaita vedanta né le 30 décembre 1879 et mort le 14 avril 1950. Son enseignement, centré sur le Soi et la question "Qui suis-je ?", a inspiré de nombreux philosophes et enseignants spirituels, notamment en Occident.
En juin 1896, alors qu'il avait seize ans et qu'il se trouvait seul dans une chambre au domicile de son oncle, Venkataramana fut saisi par une soudaine terreur de mourir et, sans perdre conscience, il sentit tous les symptômes de la mort s'emparer de son corps. C'est alors qu'il pensa en lui-même que ce corps allait donc être emmené bientôt sur le bûcher de la crémation pour y être réduit en cendres. Au cours de cette expérience mystique, il perdit toute trace de peur ou de désir pour quoi que ce soit et réalisa de façon claire et définitive la distinction entre le corps mortel et la conscience immortelle, autrement dit entre l'existence et la Vie. Ayant alors perdu tout intérêt pour les choses du monde, il se retira dans les grottes de la colline d'Arunachala qui surplombe la petite ville de Thiruvanamalaï au sud de l'Inde dans le Tamil Nadu. Il vécut ainsi en ermite, mendiant, à l'occasion, un bol de riz, comme c'est l'usage en Inde, sans jamais tenter de convaincre personne ni d'enseigner quoi que ce soit. C'est plus tard qu'il fut en quelque sorte repéré et que des gens intrigués par l'extrême douceur de sa présence s'approchèrent de lui et connurent des expériences spirituelles. Ils reconnurent en lui quelque chose dont parlent les écritures sacrées mais qui ne se rencontre pas couramment dans l'existence. Il devint sans l'avoir voulu ni refusé le maître de milliers de disciples qui virent en lui une incarnation de "Dieu fait homme" et l'un des plus grands hommes de sagesse que l'Inde eût connu. Dans toute l'Inde contemporaine, il fut connu sous le nom de Sri Ramana Maharishi.
Le Maharshi exhortait tous ceux qui l'écoutaient à se poser inlassablement la question « Qui suis-je? », indiquant ainsi la direction que le chercheur doit prendre pour couper la racine même de l'Illusion (Mâyâ) ou hallucination qu'est le "Je" .
| | Le contrôle du mental
D. D'autres pensées se lèvent avec plus de force quand on essaie de méditer !
M. Oui, toute sorte de pensée se lève dans la méditation. Ce n'est que juste ; ce qui est caché est débusqué. A moins que cela ne sorte, comment cela pourrait-il être détruit ? Les pensées se lèvent spontanément, comme cela se peut, mais seulement pour être éteinte et finalement renforcer l'esprit.
D. Comment un mental rebelle peut devenir calme et tranquille ?
M. Soit voyez sa source de façon à ce qu'il disparaisse, ou soumettez vous de sorte qu'il soit terrassé. La soumission au Soi est identique à la connaissance du Soi, et chacune d'entre elles nécessite le self-control. L'ego se soumet seulement quand il reconnaît un pouvoir supérieur.
D. Comment le Guru est-il trouvé ?
M. Le Guru, qui est immanent, dans sa Grâce, prend pitié du dévot et se manifeste à lui suivant son développement. Le dévot pense que le guru est un homme et aspire à une relation entre deux corps physique. Mais le guru, ou le Soi incarné, travaille de l'intérieur, aide l'homme à voir les erreurs dans ses manières d'avancer et le guide sur le bon chemin jusqu'à ce qu'il réalise le Soi au-dedans de lui.
D. Comment puis-je obtenir grâce ?
M. La Grâce est le Soi. Ceci n'a donc pas à être acquis, mais seulement à savoir que cela existe. Le soleil n'est que clarté. Il ne voit pas l'obscurité. Pourtant vous parlez d'obscurité fuyant à l'approche du soleil. Tout comme l'ignorance du dévot, tel le fantôme de l'obscurité, s'évanouit à la vue du Guru. Vous êtes entourés de lumière solaire, cependant, si vous vouliez voir le soleil, vous devrez vous tourner dans sa direction et le regarder. Il en est de même pour la Grâce qui dépend de votre juste approche bien qu'elle soit déjà ici et maintenant.
Le travail et la renonciation
D. Le travail souffre si je ne porte pas mon attention à lui.
M. Porter son attention au Soi signifie porter son attention au travail. Du fait que vous vous identifiez au corps, vous pensez faire vous -même le travail. Mais le corps et ses activités, travail inclus, ne sont pas distincts du Soi. Qu'est-ce que cela fait que vous soyez attentif à votre travail ou pas ? Supposez que vous alliez d'un endroit à un autre : Vous ne faites pas attention aux marches que vous empruntez. Cependant, vous vous retrouvez à l'arrivée quelque temps après. Vous voyez comment la marche peut se faire sans y faire attention. Il en est de même pour les autres types de travail.
D. C'est comme si on marchait en rêve.
M. Comme du somnambulisme ? Tout-à-fait. Quand un enfant s'endort vite en tétant sa mère : l'enfant mange la nourriture aussi bien que s'il était éveillé. Mais le matin suivant, il dit à sa mère, "Maman, je n'ai pas assez mangé la nuit dernière !" Sa mère et les autres savent qu'il a assez mangé, mais il dit qu'il n'en fut pas ainsi par manque de conscience. Pourtant l'action a continué.
(...)
Le mental du sage qui a réalisé le Soi est entièrement détruit. Il est mort. Mais à l'observateur extérieur, ce sage peut sembler posséder encore un mental de laïc. Dès lors le "Je" du sage a presque une réalité apparente objective ; en fait, n'importe comment, il n'a ni existence subjective, ni réalité objective.
Deuxième livre
La recherche de Soi.
D. Mais n'est-il pas comique que le "je"cherche le "je"? Est-ce que la formule "Qui suis-je" ne devient-elle pas en définitive vide de sens ? Ou vais-je me poser cette question "qui suis-je" sans fin, comme la répétition d'un mantra ? M. La recherche de Soi n'est certainement pas une formule vide ; et c'est plus que la répétition d'un mantra. Si la recherche "qui suis-je" n'était qu'un vaine question mentale, elle ne serait pas de grande valeur. Le but de cette recherche de Soi est de concentrer l'esprit entier sur sa source. Ce n'est plus alors le cas d'un "je" à la recherche d'un autre "je".
Encore moins la recherche de Soi n'est -elle pas une formule vide car elle implique une intense activité de l'esprit dans son entier pour demeurer stablement dans la pure conscience de Soi.
La recherche de Soi le moyen le plus infaillible, le plus direct, pour réaliser l'inconditionné, l'Être Absolu que vous êtes en réalité
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