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 MAITRE ECKART
Eckart von Hochheim, dit Maître Eckhart (1260-1328), considéré chronologiquement comme le premier des mystiques rhénans, dominicain qui étudia la théologie à Erfurt, puis à Cologne et Paris. Il y enseigna, prêcha à Cologne et Strasbourg et administra la province dominicaine de Teutonie.
Son enseignement spirituel est tout entier une invitation au détachement considéré comme la condition nécessaire de l’union à Dieu, grâce à l’enfantement de Dieu dans l’âme nouvelle, fruit de la divinisation reçue de et par l’union de Dieu. Il s’agit pour lui d’un détachement de tout ce qui rend l’être indisponible à l’action de la grâce, le dernier degré de ce détachement consistant même à « s’affranchir de l’effort pour se rapprocher de Dieu ».
Ainsi doit-on être disposé en permanence, l’esprit libre, le cœur humble, toute attente ou aspiration personnelle éteinte, l’intériorité insensible à la turpitude. Alors, si « Dieu est là ou je ne suis pas, et n’est pas là ou je suis », Il ne peut faire autrement que de se loger dans ma vacuité en la comblant par sa félicité. Ou pour le dire avec les mots de Maxime le Confesseur, « l’homme devenant par grâce ce que Dieu est par nature ».
EXTRAITS:
« Là ou finit la créature, là commence l’être de Dieu. Tout ce que Dieu te demande de la façon la plus pressante, c’est de sortir de toi-même dans la mesure où tu es la créature, et de laisser Dieu être Dieu en toi »

- A propos de la Trinité, du Père, du Fils et de l’Esprit : « Le Saint-esprit émane des deux en demeurant en eux ; et le Père ne l’engendre pas, car il est une fin de la déité et de toutes les créatures, et Il demeure en Lui-même, là où réside le repos et le calme absolu pour tout ce qui a jamais acquis d’être. La fin dernière de l’être, ce sont les ténèbres ou l’inconnaissance de la déité cachée, qui fait briller la lumière, que les ténèbres n’ont pas comprises »

- « Tout ton être doit devenir néant, dépasse tout être et tout néant ! Laisse le lieu, laisse le temps, et les images également ! Si tu vas par aucune voie sur le sentier étroit, tu parviendras jusqu’à l’empreinte du désert »

- « Il y a dans l’âme quelque chose qui dépasse l’essence créée de l’âme, quelque chose que rien de créé ne touche, quelque chose qui n’est rien. L’ange lui-même ne l’a pas, lui dont l’être est si grand et si pur, il n’y touche même pas. C’est une parenté d’espèce divine, c’est Un en soi-même, cela n’a rien de commun avec quoi que ce soit. Et c’est là que bien des clercs se mettent à boiter » »